Une parole libre et constructive pour faire de la politique autrement

Un collègue élu qui arrête la vie politique à 47 ans cela ne passe pas inaperçu. Je suis spécialement sensible aux propos que tient Jean Philippe Magnen dans sa lettre.

Jean-Philippe a un message de vérité qui nous questionne tous. Il évite l’écueil de l’amertume ou du règlement de comptes.

J’imagine déjà les sarcasmes de ce qui ne veulent pas entendre, ne veulent pas comprendre. Et pourtant nous devons être capables d’écouter son propos.

Jean-Philippe dit : « Il est urgent d’inventer de nouvelles formes d’actions et d’organisations pour féconder la réflexion et l’action politiques. »

La fracture entre la société et les politiques est bel et bien de plus en plus profonde. Je fais partie de ceux qui pensent que la défiance des Français envers le monde politique n’est pas due aux difficultés actuelles mais à notre incapacité collective à proposer une vision de l’avenir, à dépasser les logiques de pouvoir.

Doit-on pour autant arrêter la politique pour pouvoir tenir de tels propos ?

Tant mieux si ceux qui décident, comme Jean-Philippe, de poursuivre leur route avec d’autres engagements en profitent pour diffuser ce message fort. Mais les élus qui veulent agir autrement doivent aussi pouvoir se faire entendre, avoir des pratiques plus exemplaires et ne pas laisser la place aux opportunistes.

J’ai un profond respect pour la démarche de Jean-Philippe, je considère que c’est en interne qu’il faut faire changer les pratiques.

Parfois le fossé semble bien profond entre ce que nous voulons et ce que le quotidien nous impose : que faut-il privilégier, une réunion de travail invisible (et pourtant nécessaire) sur un sujet abscons pour le citoyen, mais qui n’en reste pas moins essentiel, ou une prise de parole à une inauguration ?

Il faut trouver des équilibres car faire savoir ce que nous faisons est important, mais il ne faut pas se perdre en route dans les méandres de la communication et les travers du marketing.

Alors, je dis oui à des élus qui soient moins professionnels de la politique, et plus dédiés à leur mandat. Et je dis oui à des critiques constructives et non stériles ou systématiques, comme le fait Jean-Philippe par cette lettre.

Un remaniement cohérent, pour un Gouvernement professionnel et dans la continuité

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai attendu, avec curiosité, le choix du nouveau Premier ministre. Si mes convictions profondes m’auraient orienté vers une autre voie, je considère qu’il faut savoir suivre son cap. Rien de plus inefficace que des modifications incessantes de lignes politiques. Le Président de la République a annoncé début 2014 son orientation, celle de la social-démocratie. Trois mois plus tard, la nomination de Manuel Valls à Matignon est cohérente.

J’en suis persuadée, il faut de la continuité pour s’en sortir. Cela dit, nous devons entendre le message des citoyens, qui va bien au-delà du mécontentement et qui révèle un véritable malaise dans la société qui va toujours plus vite et qui laisse trop d’entre nous sur le chemin.

Il y a deux ans, la presse faisait ses choux gras de titres tels que « les amateurs », on critiquait ici et là le manque d’expérience du Gouvernement… et voilà qu’aujourd’hui on peste contre le manque de nouveauté et le fait que les ministres seraient trop expérimentés ! Moi, je vois des ministres qui sauront s’appuyer sur leur expérience, qui ont fait la preuve de leur ténacité. Encore une fois, il faut de la continuité pour s’en sortir.

En tant que Vice-présidente de la Région Pays de la Loire, je sais ce qu’est prendre la dimension d’un mandat, l’embrasser, le faire vivre et en connaître tous les contours pour être juste et efficace dans ses décisions. Il faut du temps pour cela aussi.

Je me félicite tout particulièrement de voir qu’Arnaud Montebourg a été conforté dans ce nouveau Gouvernement. Les gens fiables & déterminés sont récompensés. Pour l’avoir côtoyé à plusieurs reprises, je sais pouvoir compter sur lui pour défendre les intérêts de la France, ici comme à Bruxelles.

Redistribution des richesses : les lettres de noblesse de l’impôt !

Appliquer une politique, mettre en œuvre des projets, aider les plus fragiles, garantir les services publics… oui tout cela a un coût.

Notre système actuel est intolérablement et inexorablement, inégalitaire. Ma conception de la politique, c’est d’agir pour rééquilibrer la société et pour cela il faut des moyens financiers.

Partout nous entendons :  »trop d’impôt, trop de dépense publique » ; Une nouvelle expression a même été popularisée :  »le ras le bol fiscal  ».

La solution : stopper tout prélèvement obligatoire ? Dont acte ! Cessons de financer les projets ! Cessons de faire fonctionner les services publics ! Cessons d’investir !

Non, ce n’est certainement pas la solution.  Nous devons maintenir nos efforts !

La responsabilité qui est la nôtre, à nous politiques, c’est de garantir la qualité des services à la population. Les nécessités de formation, la considération du vieillissement de la population, l’amélioration de la circulation, la solidarité envers toutes et tous, les moyens donnés aux entreprises pour se développer… Tout cela se prévoit dès aujourd’hui. Tout cela doit être financé.

Comme beaucoup de collectivités,  le Conseil régional des Pays de la Loire est une  illustration de la capacité à combiner augmentation raisonnée et juste de (petits) leviers fiscaux, à la volonté de rester offensif.

Il faut trouver un équilibre. Nous devons être responsable et conserver une bonne santé financière pour garantir aux générations futures de pouvoir d’investir, tout en  continuant à réaliser des investissements structurants pour préparer l’avenir.

Une société individualiste où chacun ne pense qu’à ses propres intérêts, où les plus riches ne partagent pas et où les plus pauvres sont accusés de le rester parce qu’ils le veulent bien. Cela n’est pas ma conception. L’impôt c’est le moyen, en démocratie, de garantir l’égalité entre citoyens. Sans impôt, plus de moyens d’agir. Sans impôt, c’est le règne de ceux qui ont déjà tout. Nous ne devons pas être effrayés à l’idée d’une augmentation. Il ne s’agit pas de dépenser sans compter. L’argent publique est un bien précieux et d’autant plus précieux qu’il permet de contrecarrer les effets les plus néfastes d’une crise économique qui n’est toujours pas endiguée, de redistribuer un peu des richesses créées à ceux qui en ont le plus besoins, de corriger modestement des inégalités que l’on ne peut tolérer et qui  pourtant ne font qu’augmenter.

Progrès dans le non-cumul des mandats : continuons sur cette lancée !

L’Assemblée nationale vient de voter la loi limitant le cumul des mandats. Cette réforme marque la fin du cumul d’un exécutif local et d’un mandat national. 313 députés, de gauche et quelques centristes, se sont prononcés pour ce changement. Malgré les réticences, malgré les objections, le Gouvernement a tenu bon et a porté avec ténacité cette réforme, attendue depuis longtemps par militants et citoyens. Le pouvoir se partage, il faut permettre au plus grand nombre de prendre part à la vie publique.

Mécaniquement, la limitation du cumul des mandats va favoriser l’émergence d’une nouvelle classe politique. C’est en cela une véritable opportunité pour les citoyens de s’impliquer dans la vie publique. Construire ensemble notre avenir, c’est avoir conscience que de nos actes naîtra la société de demain, et ne jamais oublier que la démocratie appartient au peuple. En ne s’intéressant pas à la vie publique, les citoyens mettent en péril ce fondement de notre société. En ne les aidant pas à y prendre part, les politiques ne font que renforcer le fossé entre dirigeants et citoyens.

Mais il faut aller encore plus loin ! La limitation du cumul des mandats devrait aussi s’appliquer dans le temps. Un élu nouvellement désigné ne porte pas le même regard sur les actions à mettre en œuvre, qu’un élu bénéficiant de mandat(s) depuis 20 ans !

Ainsi, je me réjouis de l’avancée que représente la limitation du cumul des mandats, tout en restant lucide sur les efforts qu’il nous reste à faire pour rééquilibrer et partager les pouvoirs.

Pour conclure, je tiens à remercier les parlementaires qui ont eu le courage de voter pour ce changement dans la vie politique française ! A partir de 2017 il ne sera plus possible de cumuler les mandats de Député et Maire, ou encore d’être à la fois Sénateur et Président de Conseil général. Je tiens d’ailleurs à féliciter les candidats aux municipales qui s’appliquent cette règle dès cette année, dont une majorité d’élus engagés à gauche.

Manuel Valls dans les pas de Clemenceau en Vendée : la République encore et toujours !

Il y a une dizaine de jours, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls s’est rendu en Vendée. Objectif de cette visite, rendre hommage à son mentor, le Leader du Parti Radical en son temps, Georges Clemenceau.

Manuel Valls ne laisse personne indifférent. Depuis 18 mois, il a su marquer de son empreinte la place Beauvau. Qu’on soit plus ou moins sensible à son personnage, on ne peut lui retirer son attachement à la République et aux principes de laïcité.

photo Valls

En Vendée, il a souhaité rendre hommage à celui qu’on associe souvent à l’ordre républicain. En toute amitié, il a également appuyé Hugues Fourage qui devant un parterre de militants venus très nombreux, a annoncé officiellement sa candidature aux municipales de Fontenay-Le-Comte.

Ce pèlerinage couplé du meeting au cours duquel Manuel Valls a porté un discours tranché et ferme sur la République, à l’image de la politique qu’il porte au quotidien dans son ministère, serait peut-être plus ou moins passés inaperçus si la bêtise humaine n’était encore venue s’y inviter.

Vous n’êtes en effet pas sans savoir que juste avant sa venue, des individus, très vraisemblablement militants anti Mariage Pour Tous, ont dégradé et tagué la stèle de Clemenceau d’un « on lâche rien » (vous noterez par ailleurs la jolie coquille qui ne semble pas déranger les porteurs du slogan) et « Valls casse toi ».

Je voulais terminer ce billet par un appel à la responsabilité de chacun. Nous sommes tous citoyens français, nous sommes tous garants de notre Nation et des valeurs républicaines qui la fondent. Garantir l’intégrité de la République française est indissociable à mon sens d’un respect plein et entier pour ses représentants, au premier plan desquels nos ministres.

Touche pas à mon pote !

1985, slogan sur toutes les vestes en jeans, pour nous ado c’était notre façon de dire : « bienvenue aux migrants, nous jeunes français sommes heureux de vous accueillir. »

2013, tribune dans Le Monde du journaliste, Harry Roselmack, sur la montée du racisme en France, suite aux propos intolérables, méprisants, inhumains dont a été victime, à plusieurs reprises (et malheureusement aussi dans notre région), la garde des Sceaux, Christiane Taubira.

Que s’est-il passé pour que nous en soyons arrivés là en à peine 30 ans ?

Je ne suis pas une spécialiste du sujet, mais l’on est en droit de s’interroger sur l’ampleur de cette démocratisation et de cette libéralisation de la parole raciste ?

Si je comprends et partage le sentiment de colère de M. Roselmack, j’aimerais être davantage éclairée sur l’ampleur de ce phénomène. Ses propos sont-ils révélateurs d’une réalité ? Ou bien s’agit-il avant tout d’un coup de projecteur médiatique sur quelques actes intolérables mais isolés ? En septembre, par exemple plusieurs médias ont relayé le cas de cantines municipales où il n’était plus question de remplacer le porc alors que l’habitude était prise. Comment interpréter ce retour en arrière ? Y a-t-il eu dans le même temps plus de maire allant dans l’autre sens et mettant en place des aménagements qui permettent à tous de pouvoir s’épanouir dans la société française, en accord avec ses convictions.

Dans tous les cas, une telle décision revient à signifier le rejet d’une communauté bien identifiée, creusant ainsi le lit du communautarisme. Comme le dit Harry Roselmack dans sa tribune : « La France sursaute en se découvrant communautarisée, mais ce que je décris témoigne du fait que le communautarisme en France n’est ni naturel ni spontané. C’est une réaction née d’une duperie : le hiatus congénital entre la promesse républicaine et la réalité de la société française. »

A voir les réactions de certains hommes politiques de droite, jusqu’au sein du Conseil régional, on peut s’inquiéter sur l’incapacité de certains à admettre que le racisme existe et se libéralise. De tels actes doivent faire l’objet d’une dénonciation unanime, franche et sans équivoque, de tous représentants de la Nation.

J’ai envie de prendre le contrepied de tout ce qu’on entend et de dire haut et fort : soyons tolérants, ouverts, mais surtout osons dire que nous aimons notre société, riche de sa mixité et de ses migrants futurs citoyens français.

Il faut en finir avec l’impunité

Comme tout le monde, je n’ai pas vraiment eu envie de sourire lors des révélations sur le compte en Suisse de M. Cahuzac. Je suis pourtant souvent assez naïve et candide mais franchement est-ce réellement une surprise que quelques uns parmi les hommes (ou les femmes) politiques aient une morale douteuse ?

Pas plus qu’ailleurs mais pas moins non plus, la politique n’est exempte de gens malhonnêtes. Cela est néanmoins d’autant plus grave et choquant lorsqu’il s’agit de personnalités politiques. Et je suis très heureuse que des médias fassent encore leur travail et mettent à jour de tels agissements. Non, nous n’allons pas taire ces scandales pour éviter l’indignation justifiée des citoyens. Merci Médiapart d’avoir tenu bon et merci de continuer vos investigations : vous êtes un contrepouvoir garant de la démocratie.

Au-delà d’un homme, qui doit répondre de ses actes mais qui ne doit pas être accablé plus que nécessaire, c’est le sentiment d’impunité contre lequel nous devons nous battre. Dimanche dernier sur Canal+, M. Juppé, sous-entendait sur sa condamnation que ce n’était pas bien grave car il n’y avait pas eu d’enrichissement personnel. Il n’y a pas une loi faite pour le citoyen de base et des petits arrangements entre amis pour les dirigeants. La loi est la même pour tous les citoyens et elle doit s’appliquer pour tous.

Pour moi, au-delà des annonces, des déclarations de patrimoine de plusieurs élus et des ministres, il faut réellement contrôler les données déjà en possession de l’Etat et appliquer systématiquement la loi. Un grand nombre d’élus déclare déjà leur patrimoine auprès de la Commission pour la transparence financière de la vie politique (toutes les infos sur cette Commission ici). Saviez-vous seulement que cette Commission existe ? Donnons-lui les moyens de contrôle nécessaires pour qu’elle puisse effectivement assurer sa mission. Pourquoi ne pas étendre son contrôle à tous les élus ?

Il faut en finir avec le sentiment d’impunité.

Mariage pour tous : l’obscurantisme en lieu et place d’un débat constructif.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’une manifestation contre le mariage pour tous a eu lieu récemment à Paris. Si tous les avis sont respectables, le fait que cette nouvelle loi ait été votée par le Parlement doit nous pousser à montrer la réalité de la situation et les véritables enjeux de cette loi.

Dans ma circonscription, la députée d’extrême droite a organisé une conférence où un seul point de vue –c’est-à-dire le sien qui est donc résolument contre- était représenté. Quels bénéfices pour des citoyens qui sortent d’une telle conférence en restant avec leur certitude et leurs croyances, sans que les enjeux réels ne leur aient été présentés ? Nous sommes ici plus près de l’obscurantisme que du débat constructif.

Oui, il s’agit de donner à tous les couples les mêmes droits juridiques. Non, il ne s’agit pas de dire que les enfants ont été créés par deux papas ou deux mamans. Oui, il s’agit de donner un cadre légal à des enfants – qui sont selon les estimations au minimum 40 000- qui sont élevés par des familles homoparentales mais dans lesquelles un seul parent est reconnu comme tel par la loi. Nous ne savons que trop bien que la vie comporte de nombreux aléas (séparation, décès…) : quelle sécurité offrons-nous à ces enfants actuellement ?

Heureusement d’autres débats, cette fois contradictoires, ont eu lieu partout en France.

Ainsi, en janvier un échange était organisé par le Collectif vendéen pour l’égalité des droits, avec pour objectif de faire avancer le débat public. En décembre, j’ai également participé à un débat organisé à Olonne sur Mer. Et j’ai pu constater la demande des citoyens d’être éclairé sur le sujet et que des réponses soient apportées à leurs questions. Les diverses opinions doivent pouvoir s’exprimer et les élus doivent y apporter un éclairage.

La polémique stérile sur les sujets aussi profonds n’aide pas à apaiser notre société qui en a pourtant bien besoin. Ne nous divisons pas sur un sujet qui n’a que pour seule vocation : l’unité et la reconnaissance de la famille.